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Stéarate de magnésium, dangereux ou pas ? La suite.

Comment savoir si un produit contient du stéarate de magnésium ?

Malheureusement, les producteurs n’ont pas l’obligation d’apporter sur l’étiquette des informations concernant la quantité de stéarate de magnésium présente dans le produit. Pour savoir s’il en contient, les mentions suivantes devraient apparaitre : E572, stéarate de magnésium, magnesium stearate. Certains noms génériques peuvent aussi être mentionnés comme « steric acid » ou « vegetable stearate ».

La question de la contamination

Nous l’avons dit précédemment, cet additif est extrait à partir d’huile hydrogénée, habituellement issue de graine de coton. Cette étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentaire et l’agriculture nous rappelle qu’une utilisation trop importante de pesticide est fréquente dans cette culture. Est-ce un amalgame un peu rapide ou un risque avéré ?

En se référant à cette étude de la World Health Organization, plusieurs lots de stéarate de magnésium produits par l’entreprise Ferro aux Etats Unis, avaient été contaminés à divers degrés par des produits chimiques. Tel que : du bisphénol A (perturbateur endocrinien connu), de l’hydroxyde de calcium (considéré par le National Institutes of Health comme toxique et pouvant causer différents types de problèmes de santé). Et bien d’autres. L’étude a conclu que cette contamination croisée était due à un mauvais nettoyage des machines récemment installées. Bien que cela nous montre que ce type de contamination reste possible. Rappelons que cet événement reste un incident isolé. Sauter directement à la conclusion que ceux qui prennent ou ont consommé des suppléments concernés sont en danger immédiat me semble prématuré.

Hydrophobe ?

Parce qu’il est hydrophobe (L’hydrophobie caractérise les surfaces qui repoussent l’eau.), certains rapports suggèrent que le stéarate de magnésium peut ralentir la vitesse à laquelle les médicaments et les compléments alimentaires sont dissous dans le tractus gastro-intestinal. En affectant directement la capacité de l’organisme à absorber les produits actifs et les nutriments, la nature protectrice du stéarate de magnésium peut théoriquement rendre un médicament ou un supplément véritablement inutile si l’organisme ne peut le décomposer correctement.

D’un autre côté, une étude menée à l’Université du Maryland affirme que le stéarate de magnésium n’a pas affecté la quantité de produits chimiques libérés par le chlorhydrate de propranolol (un médicament utilisé pour contrôler la fréquence cardiaque), la question est donc toujours en suspens.

Voilà où nous en sommes et pourquoi je pense que le principe de précaution doit être appliqué à cet additif. Les études disponibles nous révèlent parfois des résultats contradictoires et l’honnêteté nous force à conclure qu’il n’est pas possible de prouver de manière péremptoire son danger ou son inoffensivité.

« Le principe de précaution stipule que si une action ou une politique présente un risque présumé de causer un dommage grave au domaine public (affectant la santé générale ou l’environnement au niveau mondial), l’action ne devrait pas être prise en l’absence de quasi-certitude scientifique quant à sa sécurité. Dans ces conditions, la charge de la preuve de l’absence de préjudice incombe à ceux qui proposent une action et non à ceux qui s’y opposent. Le principe de précaution est destiné à faire face à l’incertitude et au risque dans les cas où l’absence de preuves et le caractère incomplet des connaissances scientifiques ont des implications profondes et en présence de risques de « cygnes noirs », d’événements imprévus et imprévisibles de conséquences extrêmes. »

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