Art de vivre,  Ils en parlent !

Somatisation, les effets de la dépression sur le corps

Vous ne le savez peut-être pas, mais cette semaine, celle du 10 au 16 juin est consacrée à la santé des hommes. Une campagne est lancée en Europe, aux USA, au Canada, et en Nouvelle-Zélande dans le but d’augmenter la sensibilisation aux problèmes de santé facilement évitables, encourageant hommes et garçons à demander de l’aide ou un traitement lorsque c´est nécessaire.

Il est admis que les hommes sont désavantagés concernant un certain nombre de facteurs clés relatifs à la santé. Le pourcentage de fumeur par exemple, le taux d’obésité, ainsi que le taux de suicide sont plus grands chez les hommes.

Durant cette semaine, une discussion récurrente sur  ce sujet a été ouverte. Celle de la difficulté de parler de ses problèmes de santé. Que ce soit par déni, orgueil, minimisation, lorsqu’une difficulté est rencontrée, elle est souvent mise à l’écart et oubliée.

D’après la American Psychology Association, plus de 30 % des hommes ont souffert de dépression à un moment de leur vie. Une statistique pas très différente de celle concernant les femmes, cependant l’ostracisme associé à la dépression masculine empêche souvent ceux qui souffrent, de demander de l’aide.

Ainsi, d’après le baromètre santé de l’INPES, parmi les personnes ayant souffert de dépression, seule la moitié des hommes a consulté un professionnel de  santé, ou suivi une thérapie. Chez les femmes, ce nombre monte à deux tiers.

Ces troubles sont variés et peuvent inclure : anxiété, syndrome post-traumatique, attaque de panique, etc.

Cependant, il est important de rappeler, et cela peu importe le genre, qu’une fragilisation de l’état de santé mental va aussi induire un certain nombre de problèmes physiques.  

Une détresse psychologique va engendrer de nombreuses manifestations dans le corps qui peuvent entrainer à leur tour une variété de symptômes physiques. De nombreux tests ont montré que des problèmes psychologiques mal ou non traités vont impacter négativement la condition physique sur le long terme.

Cette étude nous montre que la détresse psychologique peut avoir une certaine capacité prédictive concernant les taux de cancer, en plus d’autres maladies somatiques. Après avoir sélectionné un panel test d’individus ne présentant aucun signe de cancer, les chercheurs ont ensuite régulièrement suivi leur état psychologique sur une période de 10 ans, en prenant évidemment en compte les facteurs potentiels qui pourraient fausser les données, comme : l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, l’éducation, le tabagisme et la consommation d’alcool. Les résultats sont sans appel : les esprits les plus sains, ont les corps les plus sains.

Cette autre étude  a aussi montré que les personnes qui souffrent à la fois de dépression et de diabète ont tendance à présenter des symptômes plus graves que celles qui ne souffrent que de diabète.

Concernant les hommes, le problème vient du fait qu’ils sont toujours moins susceptibles de consulter lorsqu’ils manifestent des signes de problèmes psychologiques.

Il existe certainement de nombreuses causes qui expliquent cette probabilité inférieure qu’ont les hommes à ne pas demander d’aide extérieure, si l’une s’explique en partie par la biologie, elle peut être aussi liée aux attentes qu’a la société à leur égard. De plus, les hommes ont cette tendance à assimiler la recherche d’aide pour leur détresse psychologique à un signe de faiblesse.

Ken Hermes ambassadeur d’un collectif pour combattre la dépression nous le rappelle « Tant qu’une image négative sera attachée à l’idée que les hommes parlent de leurs sentiments, il sera très facile pour le stress de se transformer en quelque chose de beaucoup plus sinistre. »

Toutefois pour les professionnels de la santé c’est tout le contraire, et il est important pour eux que les mentalités changent. En particulier sur les voies de traitement possible, les deux approches principales tournent autour de la psychopharmacologie et de la psychothérapie. Toutefois, la pratique régulière de sport joue également un rôle important dans le maintien d’une santé physique et émotionnelle optimale, ce qui, dans un second temps, comprend aussi des éléments comme : le sommeil régulier, une alimentation saine, l’exercice, des moments significatifs avec les êtres chers et le dépassement de soi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *