Ils en parlent !

De nouvelles preuves que les aliments transformés sont risqués pour la santé

De nombreuses recherches ont déjà traité le sujet en montrant à quel point les aliments ultras transformés pouvaient affecter la santé. Cette notion d’aliment ultra transformé (AUT) est relativement récente, et les conclusions des chercheurs vont dans la même direction : plus un aliment est transformé, plus il est susceptible d’avoir un effet nocif sur la santé.  Si Brillat-Savarin nous disait dans la Physiologie du gout « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es », la recherche nous dresse une présentation peu flatteuse de qui nous sommes, nous, consommateurs de produits ultra transformés. Au Canada, c’est 50% des calories consommées qui proviennent des AUT, ce qui veut dire que la moitié de l’alimentation est composée d’aliments totalement différents de leur état d’origine. Avec l’ajout d’additifs, de sucre, de sel, de gras, de conservateurs et de colorants.

Ce que nous ingérons aura un impact sur notre santé. Les AUT comme les pizzas, sodas, chips et j’en passe, ne contiennent pas les nutriments nécessaires dont le corps a besoin.Plus les AUT ont une place importante dans notre alimentation, plus la qualité nutritionnelle de notre alimentation est mauvaise.

Lorsqu’on parle d’AUT, nous désignons les aliments qui sont passés par de nombreuses étapes de fabrication (extrusion, moulage, etc.) et qui contiennent des ingrédients qu’on ne trouverait pas ou alors pas dans ces quantités, dans notre alimentation. Des additifs vont être ajoutés pour augmenter la durée de conservation, pour rehausser le gout, une quantité astronomique de sucre ou de sel va être greffée (33g de sucre par cannette de Soda au passage).

Deux nouvelles études confirment à nouveau la nocivité de ces produits et nous apportent plus de preuves sur les risques associés aux maladies cardiovasculaires et physiologiques.

Le risque cardiovasculaire

Chercheur à la Sorbonne, Bernard Srour, examine dans cette étude le lien entre la consommation des AUT et les risques liés aux maladies cardiovasculaires. L’étude a porté sur 105159 volontaires dont la moyenne d’âge était de 43 ans. Six questionnaires ont porté sur leurs habitudes alimentaires sur une période de 24h leur laissant le choix parmi une liste de 3300 aliments.

Les chercheurs ont classifié les aliments selon leur degré de « transformation ». Ils définissent les AUT comme étant de la nourriture contenant plusieurs ingrédients que les fabricants utilisent dans un but industriel, mais que les consommateurs perçoivent comme « sans danger, pratique et très appétissant »

L’auteur de l’étude nous explique que les AUT « ont souvent une grande quantité de gras, d’acides gras saturés, des sucres ajoutés, du sel, tout cela avec peu de fibre et de vitamine ». Dans cette étude les volontaires ont été suivis entre 2009 et 2018. Elle nous révèle qu’a chaque augmentation de 10% dans la quantité d’AUT consommée, c’est :

  • Une augmentation de 12% des maladies cardiovasculaires
  • Une augmentation de 13% des maladies coronariennes
  • Une augmentation de 11% des maladies cérébrovasculaires

En contraste, les individus qui consomment une quantité minimale d’AUT ont des risques bien inférieurs de développer ces maladies.

D’après l’American Heart Association, 1 mort sur 3 aux États Unis serait le résultat d’une maladie cardio-vasculaire.

L’augmentation du risque de mort prématurée

Anaïs Rico-Campà du département de la médecine préventive et de la santé publique à l’université de Navarra à Pampelonne a mené cette seconde étude.

Cette nouvelle équipe de chercheurs a travaillé sur le lien entre consommation d’AUT et les risques de mortalité toutes catégories confondues.

Au total, ce sont 19899 adultes, dont 12113 femmes, qui ont été examinés. En moyenne, les participants avaient 38 ans et se sont enrôlés volontairement. Dans cette analyse, les participants ont répondu à un questionnaire recensant 136 aliments qu’ils seraient susceptibles de consommer.  Ensuite, les scientifiques les ont suivis pendant 10 ans et ont les ont catégorisés en fonction du degré de transformation des aliments qu’ils consommaient.

Les résultats sont sans appel : les individus qui consomment plus de 4 AUT chaque jour voient le risque de mort prématurée augmenter de 62% comparé à ceux qui consomment 2 ou moins de 2 AUT par jour.

Le risque de mort prématurée augmente de 18% à chaque portion supplémentaire d’AUT.

Bien que ces études soient purement observationnelles, les chercheurs exhortent les responsables de la santé publique de prendre des mesures concernant la consommation des AUT.

Brillat-Savarin nous rappelle que « la gourmandise est un acte de notre jugement, par lequel nous accordons la préférence aux choses qui sont agréables au goût sur celles qui n’ont pas cette qualité ». Nous sommes souvent tentés de choisir la possibilité la moins saine, par goût ou par simplicité, néanmoins, il est nécessaire de se rappeler que ces AUT comportent un risque sanitaire réel avec comme conséquences, des maladies chroniques graves.

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